mardi 2 décembre 2008
Famille ou Internet
Pour de nombreux hommes aujourd'hui, le high-tech est devenu la première source de plaisir, les femmes et les ébats amoureux ne venant qu'en deuxième position. Crédits photo : AP
Le high-tech les intéresse parfois plus que leurs femmes.
Entre leur BlackBerry et une nuit câline, les hommes ont, semble-t-il, choisi. Ce sera le high-tech, devenu leur première source de plaisir. Les femmes et les relations amoureuses ne figurent plus qu'en deuxième option, selon les résultats iconoclastes d'une étude Ipsos/Menstyle.fr.
En quelques années, les hommes sont devenus «accros à l'Internet et la technologie». Presque la moitié des hommes de 25 à 45 ans, CSP + passent plus de deux heures par jour, en semaine, sur la Toile. Tandis que les femmes ne sont que 34 % à se connecter quotidiennement, eux s'engouffrent dans le monde virtuel avec appétit. Ils sont 81 % à se connecter plusieurs fois par jour. Après 22 heures, le Net devient un repaire masculin. Ils sont deux fois plus nombreux à y consacrer leur soirée. Et ce moment «très individuel» suscite de nouvelles frictions amoureuses. «Entre les jeux vidéo et l'Internet, c'est l'enfer. Nous ne pouvons plus nous parler», regrette Sophie, 26 ans, contrôleuse de gestion, qui vient de mettre son homme en demeure, avec une pointe d'ironie : «Le soir, c'est moi ou l'ordinateur.» Auparavant, les hommes jugeaient leurs compagnes trop absorbées au téléphone portable. Quelque 11 % avaient rompu pour abus de cellulaire, selon un sondage réalisé par Orange en 2005. L'ordinateur et ses gadgets associés deviennent, à leur tour, des objets qui rapprochent, autant qu'ils divisent.
Certains hommes semblent tout prêts à renoncer à l'action, pour un «cocooning Internet», selon l'expression du sociologue Serge Tisseron, qui a ausculté l'amour au temps des nouvelles technologies, dans Virtual mon amour (éditions Albin Michel). «Certains vont retrouver leurs copains, leur famille virtuelle pour communiquer», sans sortir de chez soi. Surfer sur le Net concurrence le zapping télé. Les hommes s'informent en priorité sur l'Internet. Ils glanent des réponses sur des sujets encore tabous entre copains, comme l'esthétique. Ils se connectent pour préparer des achats, pour maintenir des contacts, qu'ils soient professionnels ou amicaux. Pour «vivre leurs passions», signale Carole Zibi, qui a supervisé cette étude pour Menstyle. «On a dépassé l'utilitaire, pour aller vers l'émotion.» Les hommes plébiscitent d'ailleurs le Net, qu'il juge positif, «sur leurs échanges avec leur entourage et l'extérieur».
Le portable outil de séduction
Près de 40 % d'entre eux participent à un réseau social. C'est dans ce monde virtuel, où ils maîtrisent le programme d'un clic, où ils ont le sentiment d'agir, qu'ils «s'expriment, donnent leur opinion». Ils s'épanchent entre amis, et déclarent bien plus souvent leur flamme par mail que les femmes. Après une dispute, ils seront 9 % à tenter la réconciliation par voie de courriel. Et encore 5 % parmi les 25-35 ans à rompre ainsi. Les messages électroniques et les «chats» bouleversent la carte du Tendre. Tout comme le portable a établi sa symbolique amoureuse. Une étude publiée en 2000 dans la revue Human Nature par deux chercheurs de l'université de Liverpool montrait comment le téléphone portable avait, pour l'homme, le rôle du sac à main féminin. Un outil de séduction, une nouvelle parade. «S'il exhibe son téléphone sur la table, lors de votre premier souper, c'est qu'il part à la chasse», concluait la recherche.
Un homme sur trois a d'ailleurs en permanence le portable apparent contre 13 % des femmes. Comme le modèle de voiture autrefois, le petit objet high-tech contribue à l'image de son propriétaire. En boîte de nuit, ils sont nombreux à téléphoner et à l'exhiber, malgré les décibels. Certains sont concentrés et envoient des messages, pour se donner une posture, montrer qu'ils ont «des amis, un réseau», estime le sociologue Gerard Gaglio. Une façon d'afficher que l'on n'est pas seul. «C'est parfois un doudou», avance l'expert .
Comme le portable, l'ordinateur s'est installé dans les appartements, après avoir symbolisé la vie de bureau. Le high-tech imprègne désormais les relations amoureuses. Mais cet engouement n'est pas l'apanage des hommes. Les femmes s'engouffrent à vive allure dans le numérique. Sans doute attirées elles aussi par cette vie sans contrariété.
samedi 1 novembre 2008
La mort est en danger de mort
Il n'est pas dit que nos arrière-petits-neveux prendront, comme nous, le chemin du cimetière à chaque Toussaint. L'évolution des biotechnologies pourrait mettre la mort en danger. Très bientôt l'espérance de vie aura doublé par rapport à ce qu'elle était au début du XXe siècle. La possibilité d'une existence humaine indéfiniment prolongée se dessine à l'horizon. En s'appuyant sur les promesses des cellules souches, sur la régénération, sur la cryonie et sur les transplantations d'organes, certains envisagent même, à terme, la mort de la mort. Faut-il s'en réjouir ?
Dans quel monde vivons-nous ? Celui des crèmes anti-âge, du Viagra, des pilules minceurs pour femmes ménopausées, des cosmétiques pour hommes grisonnants ! Celui où le rayon yaourts des supermarchés ressemble à une pharmacie ? Celui de l'espérance de vie ne cessant de s'étirer ? Celui d'une extraordinaire nouveauté : l'enfant contemporain, comme l'observe le sociologue Paul Yonnet, est élevé comme un immortel, dans l'ignorance de la mortalité. Ces symptômes sociaux traduisent l'emprise croissante d'une bio-utopie : celle de la vie n'évoluant ni vers le vieillissement ni vers la mort. L'homme contemporain a perdu un peu de son âme en n'affrontant plus la mort. Son esprit est déjà celui du temps où la mort n'existera plus.
La régénération, qui commence avec les cosmétiques, mais dont l'aboutissement s'accomplit dans l'effacement de la mort, est l'ennemie de la génération, de la jeunesse du monde. Nietzsche craignait de voir se multiplier des "générations d'enfants aux cheveux gris". C'est l'inverse, tout aussi effrayant, qui se produit, dessinant les linéaments de notre futur : des générations de vieillards à visages et corps juvéniles.
La vieillesse est ainsi en train de phagocyter la jeunesse. Combien de femmes quinquas redeviennent des poupées Barbie ? Combien de grands-pères travaillent leur apparence pour conserver un look de trentenaires ? Pourtant, si la bio-utopie immortaliste se réalise, le résultat sera bien plus radical : la vieillesse aura fait disparaître la jeunesse. Le signe distinctif de la jeunesse : l'avenir. Le signe distinctif de la vieillesse : le passé. Or la particularité des vieillards aux visages juvéniles qui peupleront la Terre une fois que la mort aura disparu s'exprimera ainsi : n'avoir ni passé (du fait de la régénération) ni avenir (du fait de la disparition de la mort).
FANATISME SANITARISTE
Un humain ignorant de la mort, est-ce encore un homme ? Il ne connaîtra pas le temps. Sans le surplomb de la mort, l'avancée de la rouille, la morsure de la précarité de l'existence, le temps n'est plus sensible, il n'est plus que chiffre. Or, comme la sensation du temps qui passe fabrique l'étoffe de notre vie intérieure, l'humain ignorant de la mort court le risque de n'être qu'une machine vivante sans âme, désanimée. La philosophie nous l'enseigne : l'homme est l'être-pour-la-mort, le vivant tire son être de son rapport à la mort.
La fin de la mort entraîne une conséquence politique, déjà à l'oeuvre : la biologisation de la vie collective par l'évaporation des frontières entre vie sociale et vie biologique. Pourquoi ? Parce que la vie, dans sa dimension purement zoologique, sera devenue plus que la seule valeur : le seul absolu. La vie aura vidé le ciel de toutes les valeurs exigeant le sacrifice de l'existence : la patrie, l'idéal politique, autrui, la justice, le Bien.
Le fanatisme sanitariste (chasse au tabac, aux aliments gras, à l'obésité, à l'alcool, etc.) qui secoue la société actuelle exprime l'effacement de cette frontière. Il exprime aussi la montée en puissance de la vie au détriment de tout ce qui vaut. Si cette tendance venait à envahir tout l'espace public, le but de l'existence collective se réduirait à un programme des plus vides : améliorer, perfectionner, et prolonger la vie. La politique se limiterait à gérer la vie biologique (la santé) des individus.
Le recueillement de la Toussaint - dernier avatar de ce culte des morts dont chacun sait qu'il est signe d'humanité - nous rappelle que pour rester des hommes nous devons protéger la mort autant que la vie, assumer le défi de notre mortalité. La disparition de la mort serait en effet la vraie mort de l'homme.
Robert Redeker est philosophe.
Source: Le monde
mercredi 22 octobre 2008
Le monde en précipitation chimique ( Bernard Guetta, Libé)
Rouge, vert, bleu, camaïeux grondants, comme dans une éprouvette, il passe par toutes les couleurs possibles. Le monde est en précipitation chimique et nul ne saurait dire, avant longtemps, ni quand il se stabilisera ni à quoi il ressemblera, tempête passée. Toute prévision est hasardeuse car la crise financière et la récession qu’elle annonce modifient la donne de semaine en semaine, confondant le court, le moyen et le long terme dans une complète incertitude sur à peu près tout.
Prenons le recul des cours pétroliers. Lors de la crise géorgienne encore, leur hausse semblait avoir assuré le retour de la Russie, en avoir refait une puissance incontournable qui avait désormais les moyens de ne plus se laisser marcher sur les pieds. Il allait, à nouveau, falloir compter avec une Russie aux coffres pleins mais, soudain, ses capitaux la fuient et ses rentrées s’amenuisent au point que la popularité de ses dirigeants se réduit d’un sondage à l’autre et qu’elle devra faire des choix, drastiques, entre son budget militaire et le soutien qu’elle doit maintenant apporter à ses banques et son industrie.
En deux mois, la renaissance de la Russie s’est considérablement relativisée mais, baisse des cours ou pas, ses réserves énergétiques demeurent essentielles au monde et avant tout à l’Europe. Entre ces deux réalités, le destin russe hésite. La Russie peut choisir de tabler sur l’accélération du recul américain, de forcer son avantage en ignorant ses difficultés du moment, ou bien de les prendre en compte, au contraire, d’arrondir les angles et de chercher, plus que jamais, à trouver une entente avec l’Union européenne. On en débat au Kremlin. Tout va bien trop vite pour que les décisions y soient prises et le tableau est étonnamment semblable dans un autre pays, l’Iran, dont l’évolution intérieure sera tout aussi décisive pour la stabilité internationale.
A Téhéran aussi le retournement du marché pétrolier rebat les cartes. Le président de la République, Mahmoud Ahmadinejad, l’illuminé qui veut rayer Israël de la carte et renverser, surtout, le rapport de forces entre les branches chiite et sunnite de l’Islam, se retrouve dos au mur car il avait fondé sa politique économique sur l’envolée des cours énergétiques. Non seulement l’inflation est en passe d’échapper à tout contrôle mais le mécontentement social est tel que les marchands des bazars, ces piliers du régime islamique, ces tombeurs du Chah, viennent d’obliger le gouvernement à suspendre l’introduction d’une TVA en abaissant leurs rideaux, huit jours durant.
Parallèlement, une fronde monte, au Parlement où tous les adversaires du chef de l’Etat, réalistes et réformateurs ensemble, exigent le départ de deux de ses plus proches ministres. A huit mois de la prochaine présidentielle, l’opposition tend à serrer les rangs. Elle pourrait même s’unir derrière une grande figure réformatrice, l’ancien président Khatami, mais on ne sait pas toujours pas si le Guide suprême lui laissera la possibilité de se présenter. Chef de la superstructure cléricale du régime, le Guide balance entre deux options - favoriser une reconduction d’Ahmadinejad en pariant que l’Amérique ne serait plus en état d’empêcher l’Iran d’accéder à la bombe ou considérer, à l’inverse, que l’Iran n’a plus les moyens de ses ambitions et qu’il faut lui donner un nouveau président, apte à trouver avec les Etats-Unis le compromis dont l’élection d’Obama offrirait l’occasion.
Comme la Russie, l’Iran se cherche, au jour le jour, et prenons, maintenant, troisième exemple, la récession mondiale qui s’installe. De tous ses effets, le plus spectaculaire est le recul de la croissance chinoise. Il devait arriver. Il était prévu depuis le début de l’année mais le rétrécissement de la demande américaine pourrait bientôt transformer en crash ce qui ne devait être qu’une pause nécessaire. Dans un pays dépourvu d’amortisseurs sociaux, un brutal ralentissement de l’activité pourrait vite provoquer de graves tensions politiques. L’irrésistible Chine est peut-être à la veille de vraies difficultés intérieures. Non seulement cela pourrait remettre en question des modifications des rapports de force internationaux qui semblaient inéluctables il y a encore peu mais le régime chinois pourrait alors être conduit à se défaire, à n’importe quel prix, de ses bonds du Trésor américain. Si l’on devait en arriver là, la crise financière connaîtrait un rebond ravageur auquel il serait difficile de faire face.
Cette crise jugulée, ses répliques sont à venir, elles seront toutes incertaines et leur interaction le sera plus encore. Dans un tel contexte, l’alternative est simple - un emballement général des tensions ou la négociation de ce «nouvel ordre économique international» auquel l’Europe appelle. Il est encore temps de choisir.
Bernard Guetta est membre du conseil de surveillance de Libération.
mardi 21 octobre 2008
Soeur Emmanuelle une grande (petite) femme.

« Acharnons-nous pour que l'Homme soit partout respecté »
«On ne possède pas le bonheur comme une acquisition définitive. Il s'agit à chaque instant de faire jaillir une étincelle de joie. Ne l'oublions pas : "Souris au monde et le monde te sourira."»
«Partout et toujours, cherche sans te lasser le remède qui soulage, sème l'espoir : ça vivifie et ton amour peut faire des miracles.»
Nous pouvons penser à cette dame, sans être bloqué par son engagement religieux, à son combat pour la dignité humaine.
(en pleine tourmente financière, peux-être cela nous permet de penser à autre chose que nos comptes en banques?)
"No zob in job" Polémique
« No zob in job », tel est le vieux principe que Dominique Strauss-Kahn aurait peut-être dû garder à l'esprit. De fait, si les Français sont moins puritains que les Anglo-Saxons et apprécient les « bons vivants », il n’en reste pas moins que la fameuse « promotion au mérite » chère à notre République n’est pas censée être une « promotion canapé ».
|
En ce qui concerne les relations sexuelles entre pairs, elles sont finalement plutôt bien acceptées en général… et ce d’autant plus que le management est généralement très incohérent sur la question.
En effet, la ligne officielle est souvent que les relations doivent être professionnelles et non personnelles ; mais lorsque votre travail vous éloigne, pour un séminaire –avec alcool gratuit-, de votre partenaire pour vous plonger, malgré vous, dans le même hôtel que votre collègue que vous appréciez tant, pas étonnant que vous expérimentiez alors des nouvelles pratiques comme en témoigne un jeune cadre d’une grande entreprise :
« On s’est retrouvé le soir dans le jaccuzzi avec une charmante collègue, j’ai fait un cuni en apnée, c’était irréel. Un n+2 nous a grillé mais ça l’a plutôt fait rire. »
Le nombre de couples formés au bureau est extrêmement élevé; normal puisque c’est le lieu où vous passez le plus de temps. C’est aussi l’endroit où l’on observe le plus de liaisons : en moyenne, une par tranche de sept ans d’ancienneté dans une entreprise d’après Loïk Roche dans « Cupidon au travail » (2006).
Les petites entreprises d'artisanat tenues par des couples
La politique est cependant différente d’une entreprise à l’autre. Certains (Ernst & Young par exemple) pensent qu’il suffit que les protagonistes ne travaillent pas sur les mêmes projets, d’autres (PricewaterhouseCoopers) évaluent au cas par cas pour limiter les conflits. Enfin, la plupart des très petites entreprises d’artisanat sont tenues par des couples… qui ne l’étaient pas forcément au départ. Par contre, l’unanimité se fait pour condamner les liens entre différents niveaux hiérarchiques. D’autant qu’il sera alors impossible alors de faire la part entre :
- Les cas d’amour (et de sexe) le vrai le pur (juste pour le plaisir partagé)
- Les cas de harcèlements sexuels plus ou moins prononcés et visibles et dont les auteurs sont plus ou moins conscients de la gravité (le harceleur se rend-il toujours compte que sa persévérance à inviter sa secrétaire au restaurant la met mal à l’aise ?)
- Et enfin des cas de corruption ou de promotion canapé pro-active.
La corruption sexuelle ne laisse pas de traces matérielles...
Comme l’explique Etienne Liebig dans son remarquable petit ouvrage « Osez coucher pour réussir », publié aux éditions « La musardine » :
« Dans le cas qui nous occupe, c’est à dire séduire un supérieur hiérarchique à des fins promotionnelles, la législation est plus que floue. »
En effet, la loi définit la corruption comme « une pratique illicite visant à obtenir d’un personnage possédant un pouvoir un avantage moyennant un autre avantage ou une somme d’argent ». Pour Etienne Liebig :
« Le terme 'avantage' peut recouvrir l’idée d’offre sexuelle en échange d’un service mais on ne retrouve plus cette acception au long de l’énoncé des textes de lois en vigueur concernant la corruption. »
Encourageant, l’auteur insiste : « Par ailleurs, si la corruption financière laisse la trace de sa transaction, la corruption sexuelle ne laisse pas de trace matérielle probante (si l’on excepte la fameuse tâche sur la veste de Bill Clinton). »
Autrement dit, et c’est bien toute la difficulté de notre cher DSK, il est impossible de savoir s’il a abusé de sa position dominante, s’ils avaient tous les deux envie de tester le couloir gauche du troisième étage pour un quickie, ou si Piroska Nagy espérait gagner quelques échelons ou soutirer des secrets d’Etat.
Finalement, si au lieu d’ennuyeux séminaires obligatoires, les entreprises organisaient de joyeuses partouzes facultatives avec autorisation d’amener sa/son partenaire, les volontaires pourraient s’en donner à cœur joie sans risque de froisser personne, en toute transparence.
Source: La rue 89.
vendredi 10 octobre 2008
Le temps des pétasses (nouvelles mythologie
"Triomphe mondial de la pétasse: avec ses attributs exposés jusqu'à l'outrance, celle-ci l'emporte au moment où le macho, soulignant ses emblèmes phalliques, décline. Le mot lui-même avec sa finale péjorative et scatologique témoigne de notre ambivalence à l'égard du phénomène: comme si un peu de la réprobation attachée aux prostituées s'était transféré sur leurs parodies mondaines. Nous leur en voulons de nous attirer à si peu de frais et pourtant nous ne pouvons détacher nos yeux de leur chair étalée.Il est paradoxal que les femmes, ayant conquis leur indépendance, se constituent ainsi en objets purement érotiques. Le diktat de l'explicite signifie d'abord la fin de l'intimité: il s'agit d'afficher son pedigree libidinal en public. Comme si le pire ennemi aujourd'hui n'était pas le puritanisme mais l'anonymat, comme si les êtres étaient prêts à tout pour exister socialement: à se déshabiller moralement à la télévision, réellement dans la vie ordinaire. La sexualité a été moins libérée qu'intégrée aux normes d'évaluation des individus. Car, pour celle qui le porte, cet accoutrement signifie d'abord. je suis dans le coup, sur le chapitre des promesses érotiques vous ne me prendrez jamais en défaut. La pétasse conjoint les deux modèles de l'adolescente et de l'aguicheuse: jeunesse et expertise. Elle sous-entend prouesses d'alcôve, distribution de plaisir illimité. Il y a quelques années, un magazine féminin affichait en couverture : «Êtes-vous une salope? » L'étonnement venait non seulement du titre racoleur, mais des réponses apportées par les rédactrices du journal en question : chacune revendiquait fièrement ce titre, se définissait comme la dernière des traînées, la reine des catins, la cochonne absolue. Il faut en convenir : le sexe est devenu le dernier snobisme, celui auquel chacun doit souscrire sous peine de mort sociale. L'internationale des pétasses a d'ailleurs ses icônes: Britney Spears, Paris Hilton, chipies dépoitraillées porteuses d'une sous-culture de la féminité agressive". La nouvelle Eve
Pascal Bruckner
jeudi 9 octobre 2008
"Crise" ? Où ca ?
Sommes nous en crise ?
A cette question, la réponse semble évidente … OUI
Les politiques menées ont-elles échouées ?
Ici encore, la réponse semble être … OUI
Ces réponses sont elles vraies ? … Pas nécessairement
Je ne sais pas si certain(e)s d’entre vous ont regardé « C dans l’air » (France 5) du mercredi 8 octobre qui parlait de ce sujet, avec un point de vue intéressant.Je vais tenter d’apporter une vision nouvelle sur cet évènement majeur.
La crise actuelle est bien. Mais elle n’est pour le moment que financière (cad qu’elle chamboule principalement la bourse). En effet, pour le moment cette crise n’est pas devenue une « crise économique », c'est-à-dire qu’il n’y a pas encore eu de licenciements massifs, ou de forte récession. Cependant, cela pourrait venir. En effet, si les gouvernements continuent à dépenser l’argent du contribuable pour racheter les ‘mauvais titres’ des banques, alors cela réduit considérablement ses marges de manœuvre, et l’argent n’est plus utiliser pour booster l’économie (investissement, subvention, redistribution, … qui entrainent l’économie).De plus, si les banques se rachètent entre elles pour ne pas crouler, elles dépensent ainsi des milliards d’euro qu’elles ne peuvent plus préter (crise sur le marché du prêt : devant le manque de liquidités, les entreprises auront plus de mal à investir et produire). Cependant, la crise la plus grave serait une perte de confiance des gens, ce qui les ferait retirer leur argent des banques, et bloquerait alors toute trésorerie pour les entreprises. Là, la crise serait très grave.
La politique menée est-elle un échec ?
Oui si l’on considère qu’elle avait pour but de stopper la crise financière … MAIS CE N’ETAIT PAS LA BUT.
Elle avait deux objectifs : en enurope, la réunion du G4 avait pour but de montrer une union dans les décisions des pays européens, et là c’est un échec. Aux USA, le plan Paulson à d’abord été rejeté, ce qui était un échec aussi. Mais le but des politiques individuelles des pays (en assurant que les Etats se portent garant des fonds déposé dans les banques) est une réussite. En effet, on ne voit pas de cohue dans les banques pour retirer son argent. Donc LA CRISE a été évitée, ce qui était le but des politiques.
Ce petit article avait simplement pour but de montrer certains points qui sont rarement évoqués dans les médias.
Je vous conseil d’aller voir l’émission C dans l'Air, d’Yves CALVI.
Nous vivons, nous voyons, nous croyons ... ANALYSONS
mardi 30 septembre 2008
Dualité argent et liberté
C'est en historien des idées politiques que l'essayiste analyse la place nouvelle de l'argent dans la société française.
LE FIGARO LITTÉRAIRE. - Cet été, la plupart des grands hebdomadaires ont fait leur une sur les riches et la richesse. L'importance accordée à l'argent vous paraît-elle nouvelle ?
Jacques JULLIARD. - Pour répondre à cette question, il faut reprendre ce que Péguy écrit dans Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne. Pour lui, la situation faite à l'argent dans le monde moderne est sans précédent. Il rappelle que dans les sociétés préindustrielles les valeurs de l'argent cohabitaient avec celles de l'esprit. Ces valeurs se situaient à des niveaux différents de réalité. En expliquant cela, Péguy ne fait que reprendre la distinction des ordres chère à Pascal. Il y a un ordre de l'argent, qui est l'ordre de la puissance et de la force matérielle ; et il y a un ordre de l'esprit, qui est celui de réalités supérieures. Ce qui caractérise le monde moderne aux yeux de Péguy, c'est l'absorption de toutes les autres formes de valeur par celles de l'argent. « Par un monstrueux affolement de la mécanique, écrit-il, ce qui ne devait servir qu'à l'échange a complètement envahi la valeur à échanger. » À partir de là est né un monde où l'échelle des valeurs n'a pas simplement été bouleversée, mais anéantie. « De là est venue cette immense prostitution du monde moderne... Elle vient de l'argent. Elle vient de cette universelle interchangeabilité. » Pour actualiser les choses, j'ai envie de dire qu'aujourd'hui la prophétie péguyste a pris toute sa dimension. Nous sommes entrés dans une ère nouvelle, où l'ordre de l'argent a fini par être coextensif à tous les autres. Pour avoir eu quelques conversations comme journaliste avec le président de la République, je sais d'ailleurs qu'il ne s'en défend pas. Il revendique cette primauté accordée à l'argent. Il pense qu'il y a des valeurs de l'argent et qu'elles sont capables de représenter toutes les autres. En cela, il est différent de ses prédécesseurs.
Rejoignez-vous le Péguy de L'Argent, lorsqu'il parle de « sabotage » des valeurs de civilisation et accuse la bourgeoisie d'en être l'instigatrice ?
S'il y a eu sabotage, il ne vient pas seulement de la bourgeoisie. Il vient de tous les puissants. Pour que nous en soyons arrivés à cette « immense prostitution du monde moderne » dont parle Péguy, il fallait qu'il y ait des complicités partout. Et pas seulement dans le vieux parti orléaniste, qui est le parti de l'argent. Il y a eu des métastases du côté de la droite extrême et traditionnelle, mais aussi du côté de la gauche. Il y a une idée qui traverse tout ce que j'ai écrit, et que je partage avec Georges Sorel, c'est qu'il y a consanguinité des valeurs du christianisme, de l'aristocratie et du monde ouvrier. Le christianisme a prêché la charité, l'aristocratie, l'honneur et le socialisme, la solidarité : toujours des valeurs antimonétaires. Ceux qui les ont portées n'étaient pas animés par une haine aveugle de l'argent mais par le refus de voir l'argent prendre une place qui n'est pas la sienne. Il faut croire qu'ils sont de moins en moins nombreux, à droite comme à gauche.
Toute critique de l'argent est-elle condamnée à charrier l'équivoque, ainsi que vous le reprochait naguère François Furet ?
François Furet m'a reproché de ne pas voir que l'argent et la démocratie allaient historiquement de pair. « Les sociétés de liberté, m'a-t-il expliqué, sont des sociétés qui ont été fondées sur l'argent. » C'est l'argent qui a libéré le paysan attaché à sa glèbe, l'ouvrier à son atelier et la femme à son foyer. Ainsi l'argent, dont on a pu dire, et dont on doit pouvoir dire tout le mal possible, est-il le fondement irréductible d'une société de liberté. Dans les utopies où l'argent est aboli, comme celle de Thomas More, les libertés sont supprimées. François Furet avait raison contre un certain passéisme et même contre Péguy. Dans la tradition du grand libéralisme économique, on doit constater que l'argent permet les échanges marchands. Aussi longtemps que l'argent se tient dans son propre domaine, celui du commerce, il est un facteur de liberté. On peut cependant objecter que le jour où les critères de la rationalité économique s'étendent à tous les secteurs - l'art, l'éducation, la culture, le jeu, les sentiments -, la société devient irrespirable. Le problème qui est posé par le triomphe de l'argent, c'est la destruction du stock de valeurs précapitalistes sur lequel continuent à être fondées les sociétés. On ne meurt pas pour un taux de croissance, il faut à une société des valeurs qui donnent aux individus des raisons de vivre. Or notre stock de valeurs sera bientôt dans le même état que les ressources pétrolières : au bord de l'épuisement.
Vous apparaît-il possible de proposer une sortie de secours à cette crise en valorisant une anthropologie de l'échange non marchand ?
Il y a dix ans, je vous aurais répondu non. Mais aujourd'hui, je suis forcé de constater que la plupart des mouvements qui cherchent une solution à la crise sont antimarchands. Pour l'historien, c'est un paradoxe : nous assistons à la fois à un mouvement de mercantilisation du monde émergent, en Chine, en Inde, au Brésil, et à une critique de la mercantilisation des activités humaines dans les pays développés. Il y a quelque chose d'utopique et parfois d'archaïque dans tous ces mouvements, mais il y a aussi la redécouverte de la possibilité d'un monde dans lequel l'échange ne serait pas purement commercial. Ces mouvements à contre-courant sont de natures extrêmement diverses. Ils englobent à la fois les JMJ portées par les valeurs antimonétaires du christianisme et la nébuleuse altermondialiste et sa critique gauchiste de l'argent. Mais ne nous dissimulons pas que nous sommes encore dans la période d'américanisation de la société, ne serait-ce que parce que la France est en retard dans ce mouvement de mercantilisation des activités humaines par rapport à l'Angleterre, l'Allemagne ou les pays scandinaves.
Je remercie le blog Hansen-love pour le lien vers cet article du Figaro.
mercredi 24 septembre 2008
Edito sur le Fichier EDVIGE
Contrairement à ce qu’aurais voulu notre lectrice, je ne me pencherais pas précisément sur le fichier EDVIGE en lui-même, pour la (bonne et) simple raison qu’il reprend avec ou sans modification un fichier des RG (Renseignements Généraux), Service qui a été fusionné en juillet 2008 avec le DST Direction de la Surveillance du Territoire. Or ce fichier étant existant auparavant, le fait qu’il passe des Services Secrets aux services de police permettra un meilleur suivi et une plus grande transparence. Et si certains éléments sont rajoutés par rapport au fichier secret, il sera alors accessible à tous.
Pour les septiques, je vous rappelle que vous pouvez à tout moment demander l’ensemble des données vous concernant (s’il existe un tel fichier sur vous) auprès de la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés).
Certes les informations relatives à la sexualité où à la santé sont dérangeante du point de vue des libertés individuelles, mais je me permet de vous poser une question.
"Penser vous que vos libertés seront mieux préservées si les informations qui sont collectées sur vous sont tenus par les Services Secrets ou par la police ?" Je pense personnelement que la transparence sera plus importante si ces fichiers ne sont plus secrets. Mais mon avis n'importe guère, et le but de cet article n'est pas de vous convaincre, mais d'introduire l'article suivant sur la démagogie.
C’est sur cette liste non-exhaustive de raisons que je me base pour me permettre de ne pas traiter plus précisément du fichier EDVIGE.
PS de dernière minute, au 24/09 :
D’après le Figaro : Le fichier policier Edvige change de contenu et de nom. Selon la dernière mouture du décret, que s’est procurée France Info, Edvige devient désormais Edvirsp (Exploitation documentaire et valorisation de l’information relative à la sécurité publique).
Nous vivons, nous voyons, nous croyons ... ANALYSONS
De la démagogie politicienne
Vous l’avez surement remarqué, le fichier EDVIGE est apparu dans les médias début septembre. Son apparition réelle date pourtant du 1er juillet, mais à ce moment là, les vacances estivales ayant raison de la politique, la critique était plus rare.
A partir de septembre, l’opposition politique au gouvernement en place apparait -prenant le relais (et effaçant ainsi médiatiquement) les précurseurs de l’opposition sur ce dossier- François BAYROU en tête, suivi par l’opposition en général (Parti Socialiste, et la plupart des partis minoritaires). Cette opposition m’apparait fort choquante, et ce pour plusieurs raisons.
Je n’irai pas blâmer F. BAYROU, car il fut l’un des plus fervents acteurs de ce sujet, mais je critique par contre les personnes qui l’ont suivi dans le but de profiter de l’ouverture (et de la couverture) médiatique autour de ce sujet. Cependant, il nous ai impossible de savoir quels politiciens ont agis par conviction ou par contradiction.
Mais la plus vive critique que j’adresse va à l’encontre de N. SARKOZY qui, dans le but de calmer la polémique, à fait remanier le contenu du fichier et l’a ainsi dénaturé. Le reproche que je fais ne réside pas dans le changement du fichier, mais dans le manque de concertation avec les partenaires politiques, sociaux et milieux de la sécurité, ainsi que dans le « retournement de veste » purement démagogique.
Je voudrais également montré dans cet article un petit détail qui vous a peut-être échappé, l’intervention de H. MORIN (Ministre de la Défense et président du Nouveau Centre) qui a déclaré son opposition à ce projet non pas au sein d’un conseil des ministres, mais lors d’un Congrès du Nouveau Centre, et cela dans le seul but d’attirer les médias vers lui et vers son parti.
Nous vivons, nous voyons, nous croyons ... ANALYSONS
mardi 16 septembre 2008
Our Body/ à corps ouvert



"OUR BODY / À CORPS OUVERT est une exposition fascinante, à la fois artistique et éducative, qui montre de véritables corps et organes humains. Destinée à tous, cette exposition va littéralement «sous la peau», et révèle les mystères de l’anatomie de l’homme.
Plutôt que d’utiliser des modèles anatomiques, OUR BODY / À CORPS OUVERT présente de véritables corps humains pour permettre au public le plus large de voir ce qu’en principe seuls les médecins et les anatomistes sont capables d’étudier : c’est l’expérience de toute une vie. Le but d’OUR BODY / À CORPS OUVERT est que les visiteurs partent avec une meilleure connaissance de l’anatomie, des fonctions du corps, et une meilleure appréciation de leur santé."
.
.
.
C'est vrai! Je connais mieux mon anatomie!
Le physique de l'homme est, comme tout être vivant->animal->mammifère, un "morceau de viande":des muscles lisses et secs, rappelant le jambon cru séchant dans la cave, des foies qui me
rappellent ce délicieux plat qu'est le foie gras.
Ainsi cette exposition n'est qu'un musée ou l'on
expose un animal: l'homme.
Mais comment se fait-il qu'un animal fasse une exposition sur lui-même ?
Avons-nous déjà vu un lion visité une exposition ou l'on trouve des corps séchés de son espèce ?
Non et ici apparaît la particularité de l'homme qui n'est pas "qu'un animal". Il se questionne sur ce qu'il est, sur ce qu'il désire, sur ces aspirations, sur son utilité.
Alors ou se trouve cette raison ? cette capacité de penser, d'aimer, de savoir que l'on est et de savoir que l'on a ce savoir ?
Dans "le monde des idées" de Platon ?
Dans le royaume de Dieu pour les chrétiens ?
Et si la mondialisation serait aussi cela:
Un thonier breton attaqué par des pirates somaliens au lance-roquettes
jeudi 7 août 2008
Lyon, ville candidate comme "Capitale Européenne de la Culture en 2013"

En 2013, la capitale européenne de la culture aura pour hébergeur la France et la Slovaquie. C'est dans ce cadre que la ville de Lyon est candidate. Dans cet article, je ne ferais qu'évoquer les atouts de la ville de Lyon dans cette "compétition".
Un réseau d'infrastructures important (aéroport Satolas, gares SNCF, Autoroutes reliant la ville à toute la France), Réseau de transport urbain TCL (3 tramways, 4 lignes de métro, plus de 100 lignes de bus), Port de Lyon, un réseau de taxis ...
Cependant, à événements somptueux, dépenses somptuaires. Ainsi, le coût global de l’opération (manifestation, communication et frais de structure de l’association Lille Horizon 2004) est évalué à plus de 73 millions d’euros. L’Union européenne et d’autres collectivités y ont contribué à hauteur de plus de 12 millions.
L’Union européenne effectivement contribue financièrement aux projets : cela peut aller jusqu’à 60% du budget global ; le reste étant apporté par des subventions nationales, locales ou privées.
dimanche 13 juillet 2008
Le problème de la drogue au Mexique, ou la puissance de l'argent.
Les trafiquants ont pris peu à peu le contrôle des plantations, profitant de l'erreur de "l'apprenti sorcier" américain.
Aujourd'hui le gouvernement fédéral a décidé d'affronter les "narcos" au risque d'une explosion de violence.
En effet à quoi bon être dans la légalité et cultiver du maïs pour gagner 30 fois moins qu'un planteur?
Les bévues policières, comme le massacre de quatre hommes qui circulaient dans un gros 4X4, par des soldats (ivres selon des témoignages), augmentent les tensions du tissu social.
En exploitant l'indignation populaire, les chefs de cartel organisent des manifestations pour protester contres les "soldats assassins". Ces manifestants profitaient d'un "don" par les narcos (100€) et d'un transport organisé.
La pénétration de la grande criminalité dans le tissu social est devenu critique. Les avis de la population peuvent paraître surprenants: "Ce sont les narcos qui dépensent, pas le peuple!" constate un chauffeur de taxi.
Apparaissent ici les déboires et autres difficultés de l'État face au développement d'une micro-société organisée autour de la drogue. Le devoir compliqué de la police, à expliquer le bien-fondé de son entreprise, et de l'Etat, à imposer la justice et le respect des lois, se révèle dans cette affaire.
Source: Le Monde, Mercredi 9 Juillet
mardi 8 juillet 2008
C'est fini
Le blog va enfin pouvoir démarrer, sérieusement.
Afin de satisfaire vos envies de réflexion, voici les sujets des concours de différents IEP:
IEP de Lyon, Aix, Rennes, Strasbourg, Lille, Toulouse:
-"Affirmer les identités est-ce nécessairement affirmer les différences ?"
-"Une politique de l'environnement est-elle possible ?"
IEP de Grenoble:
"Quand tout va mal, les français appellent un sauveur, une homme providentiel, qui peut être parfois une femme." Michel Winock, La république se meurt, p 149
IEP de Bordeaux (bac +1):
"La misère est un château fort sans pont-levis" Albert Camus.
dimanche 15 juin 2008
"Je vote républicain"
http://www.dailymotion.com/video/x5r7hi_usa-le-clip-ironique-pro-obama_news
mardi 20 mai 2008
Les NTIC: Révolution sur le monde de la communication
Un bon exposé de communication : réalisé par Emilie de Cooker, en licence de philo à Paris IV , jeudi 16 novembre 2006.
Comment les nouvelles technologies bouleversent le monde de la communication (exposé, prépa IEP)
Cet exposé constitue la conclusion d'un exposé collectif
Comment les NTIC ont révolutionné le monde de la communication ?
(NTIC = nouvelles technologies d'information et de communacation)
Nous avons pu voir que l’émergence des nouvelles technologies d’information et de communication ont véritablement révolutionné le monde de la communication.
Les divers secteurs du monde de la communication ont eu pour tâche nouvelle au cours de cette dernière décennie de se servir au mieux des technologies dont il a été question, tout en faisant face à des difficultés inédites qui en sont la conséquence directe.
Notre problème fut donc celui d’évaluer les aspects positifs de l’invention des NTIC dans les divers secteurs de la communication, tout en soulignant les problèmes radicalement nouveaux auxquels ils furent confrontés.
Nous tâcherons i
ci de les récapituler brièvement afin d’avoir les outils nécessaires pour en faire une analyse véritablement critique. La question ne sera donc plus celle de savoir dans quelle mesure les NTIC furent la source d’avantages dont se sert le monde de la communication et d’inconvénients auxquels il se doit de faire face. Il nous faut en effet à présent nous demander si ce monde dispose des éléments indispensables à la prise de distance requise devant un tel bouleversement.Autrement dit : si le monde de la communication « gère » ces bouleversements, parvient-il à avoir sur eux un regard critique ?
Nous tâcherons de voir en quoi le monde de la communication auquel nous avons à faire aujourd’hui n’a presque plus rien en commun avec celui d’hier : en quoi est-il fondamentalement nouveau ?
En tentant d’éviter l’écueil d’une analyse réactionnaire stérile qui se bornerait à dire « c’était mieux avant », nous chercherons à voir dans quelle mesure ce nouveau monde de la communication suscite de nouveaux problèmes tant éthiques que sociaux.
N’y a-t-il pas, en effet, un lien intrinsèque entre l’avènement de cette communication sans limite sous le signe de la vitesse et le déclin des questionnements ou du moins des préoccupations d’ordre éthique ?
1) Premiers problèmes suscités du fait de l’apparition des NTIC dans le secteur des médias.
- Les médias ont dû s’adapter à de nouvelles problématiques suscitées par ces technologies novatrices.
Si la vitesse de transmission de l’information représente pour les journalistes la nouvelle donne fondamentale, c’est aussi à la multiplication des sources de l’information qu’ils ont dû se confronter. Comment déceler les informations essentielles ? Comment les diffuser de manière pertinente alors que quasiment tout le monde peut y accéder par un autre biais ? Donc face à Internet, par exemple, comment ne pas perdre son statut d’informateur ?
Ainsi, faut-il jouer la carte de l’information de masse sans doute plus intéressante au niveau financier? Ou cibler un public plus spécialisé, avec l’avantage (moralement supérieur certes) de préserver une certaine qualité et donc de faire preuve peut-être d’une plus grande intégrité intellectuelle.
- Problème de la multiplication des presses : comment se distinguer des autres afin d’être concurrentiel sur le marché. N’y a-t-il pas là également un risque de perte de qualité ? Et peut-être également d’homogénéisation. Car si l’on cherche à créer un produit nouveau, il faut le faire de façon très mesurée : ne pas trop innover non plus, et donc rester proche de ce que les autres font. Pour comprendre cela, la mode peut nous servir d’analogie, elle est changeante mais ne doit pas être un bouleversement. Donc changer en restant fidèle. Exemple : magasines féminins : même structure car attente lectrices, mais il faut quelques idées nouvelles pour se différencier et donc vendre plus.
2) Elargissement des risques moraux (déjà existants) du fait des NTIC. Problèmes globalement liés à internet.
Grand pouvoir de ceux qui utilisent ces outils de communication.
- Manipulation.
L’Ecole de Francfort a tout particulièrement orienté ses études vers la question de la manipulation à travers les médias. Selon Adorno, même la soi-disant démocratisation de la culture ne serait rien d’autre qu’une gigantesque « mystification des masses » par ceux qui en ont la maîtrise. En cela, les NTIC ne feraient qu’augmenter des risques déjà présents.
Art de la rhétorique : danger moral si distinction forme et contenu : dès lors que les deux sont séparés alors tout peut être dit dès lors que la forme est acceptable. Donc ceux qui dominent l’art de la parole se trouvent dotés d’un pouvoir gigantesque. Propagande : imaginons ce que cela peut donner sur internet. Impact de cette propagande risque d’augmenter du fait de l’immédiateté des rapports de communication, et de leur multiplicité.
Les techniques de diffusion de message liées au progrès scientifico-tehnique est désigné par le terme de « communication de masse » qui peut sous-entendre qu’on a affaire à une audience indifférenciée. La question est donc celle de savoir comment l’un agit sur l’autre. Dans quelle mesure le public s’homogénéise-t-il du fait qu’il est a priori considéré comme un. Quelle est la conséquence de cette consommation de masse sur l’information ? L’un est il vraiment cause de l’autre ou n’est-ce pas une tendance générale qui permet à ce cercle de s’établir et de se renforcer ?
- Conformisme.
Le développement des NTIC semble pouvoir accroître le risque du conformisme. Outre des informations véritables, les outils de communication (qu’ils soient la radio, la télé, et aujourd’hui le phénomène est accentué par les NTIC) diffusent également un genre de modèle, c-a-d qu’ils nous représentent indirectement le système dans lequel nous vivons et les valeurs qui gravitent autour de ce dernier (culte de la vitesse, croyance en la toute puissance de la science etc. …). Dès lors, nous évoluons dans un cadre que nous n’apercevons plus et, nous rapportant tous à lui, nous tendons à tous nous ressembler. Nous recherchons même parfois cette appartenance (que se soit par la ressemblance ou la démarcation). Donc risque de conformisme accru par NTIC.
Nous venons de parler de la diffusion d’un modèle. Il semble, de plus, qu’une forme de dépendance soit créée chez le destinataire du fait de ces NTIC : on ne peut plus vivre sans elles, elles sont présentées comme indispensable et sont de surcroît le biais par lequel sont créés de nouveaux besoins : en soit est-il vraiment nécessaire de pouvoir recevoir toute l’information sur son téléphone portable ? N’est pas alors aussi un moyen de consolider les bases de la société de consommation ? La communication est un nouvel objet de consommation, cela ne va-t-il pas à l’opposé de la définition première de ce même terme ?
3) Crise de la communication : quelle place pour le lien social ?
- Edgar Morin dit dans une interview sur la modernité (mars 2006) « Nous voyons bien que les grands principes unificateurs modernes (la technique, l’économie mondialisée, la communication…) fabriquent de l’uniformité plus que de l’unité ». En cela, ce n’est pas la seule singularité qui est perdue. Paradoxalement, le lien social diminue à force de communiquer, l’unité des consciences semble se disloquer, ce qui est pourtant contraire à l’idée même de communication, qui repose justement sur une forme de communauté et s’appuie tout au moins sur l’occupation d’un espace commun propice justement au partage.

- Terme même de communication : stupéfait devant le fait que ce que désigne le terme de « monde de la communication » ne correspond en rien à la définition classique, ou tout du moins originelle, de la communication… « Communication » vient du latin « communicatio, de communicare, qui signifie être en relation avec, mettre en commun. J’ai une idée, je la partage, elle devient commune. En quoi le marketing est de la communication ?? Glissement de sens intéressant, révélateur d’un glissement de façon de percevoir par les hommes ce qu’est la communication. Le but n’est plus tant la mise en commun, le partage puisque dans la communication telle qu’elle se pratique de nos jours il y a un dominant : celui qui possède l’information et l’art du discours.
Ainsi donc, nous avons parfois à faire à une fausse forme de communication : la transmission est truquée. Les interviews, par exemple, sont entièrement préparées : les participants ne font que répéter un discours préconçu et donc ne s’entretiennent pas véritablement l’un avec l’autre. Peut être y a-t-il ici une perte d’authenticité dans les rapports humains, ou plus précisément une perte d’humanité. Même le discours est utilisé de façon technique…
4) Problème essentiel posé par NTIC : celui du rapport au temps
Les NTIC ont essentiellement accentué un problème de rapport au temps propre à nos sociétés modernes, dont l’impatience est sans doute un des traits caractéristiques : tout, tout de suite !
Il n’y a en soi, bien sûr, rien de mal à vouloir recevoir ou transmettre des informations plus rapidement, mais cela a pour conséquence le fait que tout est mis en œuvre pour répondre à une telle demande avec pour souci premier d’aller vite. Or, n’est-il pas évident que pour bien communiquer, il faut prendre du temps ? Nécessité de choisir ses mots, de voir s’ils sont adéquats, de réfléchir aux conséquences logiques de ce que l’on dit, et de l’impact sur l’autre. Dans la communication individuelle, il y a donc une grande part de questionnement et de recherche d’anticipation du fait que l’on se soucie de la réaction d’autrui, de l’impact de notre parole sur lui, mais aussi de ses éventuelles objections, qui peuvent évidemment nous faire affiner notre propre pensée. Cela peut être perdu dans la prise de vitesse de la communication due entre autre à l’émergence des NTIC.
De plus, nous ne sommes souvent plus véritablement en présence de quelqu’un, donc le respect d’autrui apparaît peut-être comme moins essentiel. A cela s’ajoute le fait que l’on ne sait plus véritablement à qui l’on s’adresse. L’information peut aller jusqu’à être jetée telle quelle sans destinataire véritable ni motifs.
Problème de la perte de qualité : la quantité d’information l’emporte sur la qualité de cette dernière. Devant l’accélération de la transmission des informations, peu importe souvent si ce qui est dit est important, bien exposé, ou même juste : ce qu’il faut c’est donner une information, quelle qu’elle soit.
Et cette multiplication de l’information génère aussi une tendance à la désinformation. Exemple guerre en Irak : à force d’être informé toutes les minutes sur ce qui se passe on finit par en oublier les problèmes généraux et souvent essentiels, les enjeux politiques et humains. Ce qui risque peut-être du coup de dédramatiser la situation. Ce qui conduirait à dire que trop d’information tue l’information.
Cela peut être rapproché da la perte d’analyse constatable de nos jours : les journaux donnent l’information quasiment brute, l’analyse est de moins en moins présente. Or, une information brute, non analysée peut n’avoir aucun intérêt.
Nous souhaitions donc, dans un dernier temps, souligner les problèmes sociaux et moraux liés à la modification du monde de la communication par les Le but n’est pas nécessairement de répondre à ces questions, chose que nous ne saurions pas faire. Il ne s’agit pas non plus pour nous de disqualifier le monde de la communication : il n’est tout simplement pas du ressort des secteurs qui le compose d’en faire la critique.
Il nous a tout du moins semblé utile de les mettre en avant afin de montrer le potentiel de débat qui gravite autour de cette question, potentiel qu’il convient de ne pas perdre de vue et même d’élargir…
jeudi 15 mai 2008
Ouverture du Blog Valette-Vialla
Pourquoi avoir créé ce site ?
C'est suite à la lecture d'un article sur les NTIC et l'information, que nous avons décidé de créer ce blog. Effectivement, celui-ci (publié ci-dessous) nous a poussé à devenir des bloggeurs proposant une vue différente de l'actualité, exhaustive sur des grands sujets et récapitulative de la multitude de brèves que nous apportent Internet et autres journaux gratuits.
Ce blog ne traitera que les grands traits de l’actualité, les grands débats, et se contentera de développer quelques faits d’actualités ou de société par semaine, en rassemblant différents points de vue relayés dans la presse et en les confrontant.
Nous avons la prétention d'apporter nos connaissances et compréhensions sur les plans philosophiques, économiques, politiques et moraux, tout en restant les plus neutres possible.
Nous avons également l'ambition d'inciter au développement de l’esprit critique et de la réflexion du citoyen.
Nous communiquerons toujours nos sources, si possible avec le lien.
Bonne lecture, jusqu'à votre prochaine visite. Et d'ici là, n'oubliez pas, "Vivez la vérité"
Samuel et Adam