Seconde guerre mondiale, la pénurie de morphine inquiète les autorités américaines. Le climat du Nord-Ouest du Mexique (Sinaloa, Chihuahua, Durango) est propice au développement du pavot.
Les trafiquants ont pris peu à peu le contrôle des plantations, profitant de l'erreur de "l'apprenti sorcier" américain.
Aujourd'hui le gouvernement fédéral a décidé d'affronter les "narcos" au risque d'une explosion de violence.
En effet à quoi bon être dans la légalité et cultiver du maïs pour gagner 30 fois moins qu'un planteur?
Les bévues policières, comme le massacre de quatre hommes qui circulaient dans un gros 4X4, par des soldats (ivres selon des témoignages), augmentent les tensions du tissu social.
En exploitant l'indignation populaire, les chefs de cartel organisent des manifestations pour protester contres les "soldats assassins". Ces manifestants profitaient d'un "don" par les narcos (100€) et d'un transport organisé.
La pénétration de la grande criminalité dans le tissu social est devenu critique. Les avis de la population peuvent paraître surprenants: "Ce sont les narcos qui dépensent, pas le peuple!" constate un chauffeur de taxi.
Apparaissent ici les déboires et autres difficultés de l'État face au développement d'une micro-société organisée autour de la drogue. Le devoir compliqué de la police, à expliquer le bien-fondé de son entreprise, et de l'Etat, à imposer la justice et le respect des lois, se révèle dans cette affaire.
Source: Le Monde, Mercredi 9 Juillet
dimanche 13 juillet 2008
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